Depuis des années,  les scientifiques tirent la sonnette d'alarme depuis longtemps au sujet de l'érosion de la biodiversité. Tous s’accordent pour alerter les décideurs de tous pays au sujet de la sixième extinction de masse de la biodiversité.

 

Le 14 septembre 2012, à l’ occasion de la Conférence Environnementale, le chef de l’Etat, François Hollande annonçait qu’il créerait une Agence de la biodiversité et ferait une grande loi  pour sa protection. A cette occasion, le Président de la République déclarait : « Mais il y a un autre enjeu, pour notre planète et pour notre pays, c'est la biodiversité. Elle est notre bien commun, chacun d'entre nous doit en être convaincu. […] Je vais en donner quelques illustrations. Préserver la biodiversité, c'est protéger les milieux et les habitants ; plus de 30% des 60 000 espèces vivantes sur notre terre sont aujourd'hui menacées. 13% des oiseaux, 35% des mammifères. Nous devons créer de nouvelles réserves naturelles et faire appliquer la loi. […] La mise en œuvre de ces priorités pour la biodiversité appelle, là encore, un instrument nouveau et donc je propose la création d'une agence nationale de la biodiversité, sur le modèle de l'ADEME, qui viendra en appui aux collectivités locales, aux entreprises, aux associations pour utiliser tous les instruments, là encore, qui pourront permettre d'atteindre nos objectifs. […]  Certaines mesures doivent être engagées dès le lendemain de la conférence, ce sera le cas. »

 

Depuis cette date, les choses sont allées très lentement. Il y a bien eut un projet d’Agence de la Biodiversité, mais, suite aux pressions du lobby de la chasse, l’Office Nationale de la Chasse et de la Faune Sauvage (ONCFS) n’intègrerait pas cette agence aux côtés des autres établissements publics en charge de l’environnement !

Il faudra attendre un an et demi et un changement de ministre de l’écologie pour que le 26 mars 2014, Philippe Martin présente les grandes lignes du projet de loi. Il promettait la promulgation de la loi pour…2015.

Mais ce n’est qu’en avril 2015, avec une troisième ministre de l’écologie, que le texte, devenu « projet de loi  pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages », a été débattu en première lecture à l’assemblée nationale. Le texte qui comportait déjà de grosses lacunes (pas de statut juridique de la faune sauvage par exemple) a été amendé par les députés. Et cela, pas toujours dans le bon sens…

 

C’est cette version qui a été examinée par la commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du sénat en juillet 2015. Mais l’examen de la loi qui devait avoir lieu de suite par les sénateurs a été reporté, une fois de plus. Ségolène Royal a annoncé le 18 août dernier, que le Sénat examinerait le texte en début d’année 2016 !

Dans un tel calendrier, le texte ne serait adopté en seconde lecture par l’Assemblée Nationale qu’à la mi 2016. Soit quatre ans son annonce par le Chef de l’Etat. Un record ! D’autant que cela devait être entrepris « dès le lendemain de la conférence [de 2012]… »

Ces multiples retards font le beau jeu des lobbys chasse et agriculture, qui misent depuis le début mois sur ces reports, qui amèneront l’hypothétique débat en seconde lecture, à quelques mois des élections présidentielles de 2017. Une période où les parlementaires sont peu enclins à de grandes réformes. Ce dont, pourtant, l’état de la nature et de sa biodiversité a le plus grand besoin.

A l’occasion de la COP 21 qui se tiendra à Paris en décembre prochain, le Président de la République entend montrer que le France serait la nation la plus vertueuse en matière d’environnement. Mais alors que d’après les scientifiques, l’érosion de la biodiversité est, avec le changement climatique, un des deux enjeux environnementaux majeurs du 21ème siècle, nous sommes en droit de douter de sa sincérité et de celle de son exécutif, au regard les perpétuelles reculades auquel nous assistons sur cet indispensable projet de loi.

 

ACTION NATURE Rewilding France demande un examen urgent de cette loi, afin que les indispensables mesures pour la préservation de la nature puissent être prise le plus rapidement possible.

Nous serons attentifs aux votes des groupes parlementaires et à leur force de résistance face à la pression des lobbys. Si chasseurs et agriculteurs sont des électeurs, les protecteurs de la nature, les consommateurs et les citoyens soucieux de leur environnement le sont aussi. C’est pourquoi nous vous invitons à signer la pétition que nous avons lancée. Seule une forte mobilisation pourra permettre à la France de se doter d’un outil législatif en adéquation avec les enjeux de la préservation de la nature et de la biodiversité, et avec les attentes des citoyens.

 

Cette pétition, avec vos signatures, sera adressée à M le Premier Ministre, ainsi qu’à l’ensemble des groupes parlementaires des deux assemblées (Sénat et Assemblée Nationale).



http://www.mesopinions.com/petition/politique/exigeons-loi-protection-nature-biodiversite/15714